Quels animaux observer en automne en Belgique et dans le nord de la France
AnimalDex · 8 octobre 2026
Brame du cerf, migrateurs, écureuils, phoques, araignées : que voir en automne en Belgique et dans le nord de la France, où chercher et comment s’y prendre.
Pourquoi l’automne est une saison facile
L’automne a mauvaise réputation chez les débutants : les jours raccourcissent, il pleut, les feuilles tombent. C’est pourtant l’une des meilleures saisons pour observer les animaux près de chez soi. Les arbres se dégarnissent et les oiseaux se voient mieux dans les branches. Beaucoup d’animaux passent leurs journées à manger pour faire des réserves, ce qui les rend plus visibles et plus prévisibles. Les migrateurs traversent le ciel, les mammifères changent de pelage, et la lumière basse du matin et du soir est douce pour la photo, même avec un simple téléphone.
Ce guide s’adresse aux familles et aux curieux de Belgique et du nord de la France, des parcs de ville aux Ardennes en passant par la côte. Il ne promet pas tel animal à telle date : la nature ne suit pas un calendrier. Il donne des pistes de saison, les bons endroits et les bons moments pour mettre les chances de ton côté, avec toujours la même règle de base : observer sans déranger.
Le brame du cerf, un rendez-vous à vivre avec respect
En gros de la mi-septembre à la mi-octobre, selon la météo et les régions, les cerfs élaphes mâles brament pour s’affronter et attirer les biches. Ce cri grave et puissant, qui porte loin dans les vallées boisées, est l’un des grands spectacles naturels de l’automne. En Belgique, les massifs forestiers des Ardennes sont les endroits les plus connus pour l’entendre. Dans le nord de la France, certaines grandes forêts abritent aussi des cerfs.
Le brame s’écoute surtout à l’aube et au crépuscule, parfois en pleine nuit. L’oreille compte plus que les yeux : un cerf qui brame reste souvent caché en lisière ou au fond d’une vallée. Le meilleur plan est de rester sur un chemin autorisé ou un point d’observation aménagé, en silence, bien couvert, et d’attendre. Les sorties guidées proposées par des guides nature ou des offices du tourisme sont une excellente option pour une première fois, surtout avec des enfants.
Quelques règles comptent beaucoup à cette période. On ne quitte pas les chemins pour s’approcher : un cerf en plein rut dépense énormément d’énergie, et le faire fuir lui en coûte encore davantage avant l’hiver. On ne le cherche pas à la lampe puissante dans la nuit. Et on se renseigne avant de partir : l’automne est aussi la saison de la chasse, et certaines forêts sont fermées au public certains jours. Les affiches à l’entrée des chemins et les communes indiquent les dates.
Pour la photo, la tentation de s’approcher est forte. Résiste. Une silhouette de cerf dans la brume, prise de loin, raconte bien mieux cette saison qu’une image floue prise en courant après l’animal.
Chevreuils et sangliers au lever du jour
Le chevreuil est bien plus répandu que le cerf. On le croise en lisière de forêt, dans les prairies et les champs proches des bois, surtout au lever du jour et en fin de journée. En automne, il troque son pelage roux d’été contre un pelage d’hiver gris-brun, plus épais. Le mâle perd ses bois entre la fin de l’automne et le début de l’hiver, puis les refait pendant la mauvaise saison. Quand il s’enfuit, repère la grande tache claire de l’arrière-train : c’est souvent le premier indice.
Le sanglier est plus discret. Actif surtout la nuit, il laisse en revanche beaucoup de traces : prairies retournées, bords de chemins labourés, bauges boueuses. En automne, il se nourrit notamment des glands et des faînes tombés au sol. On l’observe rarement en plein jour, et c’est très bien ainsi : on ne s’approche jamais d’un sanglier, et encore moins d’une laie suivie de ses jeunes. Si tu en croises un, reste calme, laisse-lui de la place et éloigne-toi doucement.
Oiseaux de passage : qui part, qui arrive
L’automne est la grande saison de la migration. Les hirondelles rustiques, qui ont niché dans les étables et les granges, se rassemblent sur les fils avant de partir vers l’Afrique. Les martinets, eux, ont déjà quitté nos régions à la fin de l’été. Si tu vois encore des « hirondelles » en octobre, prends le temps de les regarder : ce sont souvent les derniers groupes en route vers le sud.
D’autres oiseaux arrivent ou passent. Les oies cendrées volent en V, en criant, au-dessus des campagnes et des zones humides. Les grives, dont la grive musicienne, fréquentent les haies chargées de baies. Les étourneaux sansonnets forment des groupes de plus en plus grands et, certains soirs, de véritables nuées mouvantes au-dessus des roselières ou des villes avant de se poser pour la nuit. Pour profiter de ce ballet, il suffit d’un point de vue dégagé en fin d’après-midi, et d’un peu de patience.
Astuce pratique : regarde le ciel, mais écoute aussi. Beaucoup de migrateurs passent haut et se repèrent d’abord à leurs cris. Une matinée calme, sans vent fort, est souvent la plus agréable pour suivre ces passages depuis un point haut ou un grand espace ouvert.
Le jardin et le parc se préparent à l’hiver
Pas besoin d’aller loin. L’écureuil roux est particulièrement actif en automne : il récolte noisettes, glands, faînes et graines de conifères, et en cache une partie dans le sol ou dans des creux. C’est le moment idéal pour l’observer dans les parcs et les jardins arborés, souvent en matinée. Sa queue en panache et ses pinceaux d’oreilles, plus fournis en hiver, aident à le reconnaître. Plutôt que de le suivre au zoom, repère la branche ou le piquet où il revient s’arrêter, et attends-le là.
Le hérisson d’Europe mange beaucoup avant d’hiberner. On le voit surtout à la tombée de la nuit, en train de fouiller les pelouses et les massifs à la recherche de vers, de limaces et d’insectes. Un tas de feuilles mortes ou de branchages laissé dans un coin du jardin lui offre un abri pour l’hiver : c’est l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse lui faire. Et jamais de lait : il le digère mal. Une coupelle d’eau suffit.
Les mangeoires reprennent du service à la fin de l’automne, et mésanges, rouges-gorges et pinsons se rapprochent des maisons. Le guide AnimalDex consacré aux oiseaux de la mangeoire en hiver explique comment les nourrir correctement.
Petites bêtes de fin de saison
La fin de l’été et le début de l’automne sont la grande période de l’araignée croix, aussi appelée épeire diadème. Les femelles, bien grosses à cette saison, tendent leurs toiles circulaires entre les arbustes et les clôtures. Un matin de brouillard, la rosée les rend spectaculaires. Regarde le dos de l’araignée : des taches claires y dessinent une croix. Elle est sans danger pour nous, et on la photographie sans toucher la toile.
Le lierre a une particularité précieuse : il fleurit en automne, quand presque tout le reste a fini de fleurir. Ses fleurs attirent de nombreux insectes, mouches, guêpes, abeilles, et des papillons comme le vulcain, reconnaissable à ses bandes rouge orangé sur fond noir. Les fruits tombés dans les vergers attirent aussi papillons et frelons européens. Le frelon européen est impressionnant mais en général peu agressif loin de son nid. On l’observe à distance, et on ne s’approche jamais d’un nid.
La côte et la nuit en automne
Sur la côte, l’automne apporte des plages plus calmes et une lumière rasante. Le phoque veau-marin est présent toute l’année sur certaines baies de la Manche et de la mer du Nord, notamment en baie de Somme, où on peut l’apercevoir au repos sur les bancs de sable à marée basse. Des sorties encadrées existent. Les jumelles sont indispensables et la distance obligatoire : un phoque qui se redresse ou rejoint l’eau précipitamment a été dérangé. Le guide AnimalDex sur la côte de la mer du Nord donne plus de détails.
Le soir, tends l’oreille. En automne, les jeunes chouettes hulottes nées au printemps cherchent un territoire et les adultes défendent le leur : c’est une saison où on les entend beaucoup, au crépuscule, dans les parcs boisés, les cimetières arborés et les forêts. Le célèbre « hou-hou » chevrotant est celui du mâle, et la femelle répond souvent par un cri plus sec. Les observer est difficile ; les entendre, beaucoup moins.
Bien préparer une sortie d’automne
Le grand avantage de l’automne, c’est que le jour se lève plus tard : nul besoin de partir au milieu de la nuit pour être sur place à l’aube. Prévois des vêtements imperméables de couleur neutre et des chaussures qui ne craignent pas la boue. Une paire de jumelles, même simple, change tout pour les oiseaux et les grands mammifères. Mets ton téléphone en mode silencieux et garde-le chargé : le froid vide les batteries plus vite.
Avec des enfants, mieux vaut une sortie courte et réussie qu’une longue marche qui finit en grogne. Fixe un petit objectif : entendre un cerf, voir un écureuil, trouver une toile d’araignée couverte de rosée. Et pense aux tiques, encore actives quand l’automne est doux : un coup d’œil sur les jambes et les plis de la peau au retour est un bon réflexe.
Enfin, note ce que tu vois : le lieu en termes généraux, la date, l’heure, ce que faisait l’animal. D’une année à l’autre, ces notes deviennent ton propre calendrier de saison, bien plus fiable que n’importe quelle liste.
Dans AnimalDex
L’automne est une bonne saison pour compléter ta collection : plusieurs espèces communes du catalogue sont plus faciles à voir, et des espèces rares comme le cerf élaphe ou le sanglier se font entendre ou laissent des traces. Si tu n’es pas sûr de l’espèce sur ta photo, compare-la avec la fiche avant de valider.