Insectes et petites bêtes du jardin : les reconnaître et les photographier

AnimalDex · 8 octobre 2026

Coccinelles, papillons, bourdons, araignées, escargots : reconnaître les petites bêtes du jardin, éviter les confusions et réussir ses photos de près.

Un safari à hauteur de brin d’herbe

On pense souvent aux oiseaux et aux mammifères quand on parle d’observer les animaux. Pourtant, la plus grande diversité animale d’un jardin se trouve à nos pieds et dans les fleurs. Insectes, araignées, cloportes, escargots : ces petites bêtes sont partout, faciles à approcher et fascinantes à observer de près. Elles sont aussi indispensables au jardin, qu’elles pollinisent les fleurs, recyclent les feuilles mortes ou nourrissent les oiseaux.

Ce guide présente les petites bêtes les plus courantes des jardins de Belgique et du nord de la France, les confusions fréquentes, et quelques conseils pour les photographier avec un téléphone, sans les abîmer.

Les coccinelles : pas toutes pareilles

La coccinelle à 7 points est la coccinelle classique : élytres rouges marqués de sept points noirs, trois sur chaque élytre et un à cheval au milieu, près de la tête. Elle se nourrit surtout de pucerons, ce qui en fait une amie des jardiniers. Ses larves, allongées, grises tachetées d’orange, ne ressemblent pas du tout à l’adulte, et beaucoup de gens ne les reconnaissent pas.

Attention à la confusion avec la coccinelle asiatique, une espèce introduite devenue très commune. Elle est extrêmement variable : orange, rouge ou noire, avec un nombre de points très différent selon les individus, de zéro à beaucoup. Elle est souvent un peu plus grande, et présente fréquemment une tache noire en forme de M ou de W sur le pronotum blanc, la partie située entre la tête et les élytres. Avant de nommer une coccinelle, compte les points et regarde bien cette partie.

Coccinelle à 7 points
Coccinelle à 7 points

Papillons de jardin

Le paon-du-jour est facile à reconnaître : ses ailes rouge brique portent quatre grandes taches en forme d’yeux, bleues, jaunes et noires. Quand il replie ses ailes, il devient presque noir et se confond avec l’écorce. Ses chenilles noires vivent en groupe sur les orties.

Le vulcain a des ailes noires barrées de bandes rouge orangé, avec des taches blanches vers le bout des ailes antérieures. On le voit souvent tard en saison, sur les fleurs de lierre ou les fruits tombés. Comme le paon-du-jour, il dépend en grande partie des orties pour ses chenilles : laisser un coin d’orties au fond du jardin aide ces deux papillons.

La piéride de la rave est un papillon blanc, avec des pointes noires au bout des ailes antérieures et, chez la femelle, des taches noires supplémentaires. Ses chenilles se nourrissent de choux et de plantes apparentées, ce qui la rend moins populaire auprès des jardiniers. Plusieurs piérides blanches se ressemblent beaucoup : une photo nette des ailes, dessus et dessous si possible, aide à l’identification.

Paon-du-jour
Paon-du-jour

Abeilles, bourdons, guêpes et frelons

Le bourdon terrestre est gros, velu, noir avec deux bandes jaunes et le bout de l’abdomen blanc chez les ouvrières. Il fait partie des premiers insectes à butiner à la fin de l’hiver, et il est très pacifique. On peut l’observer de très près quand il butine, sans danger s’il n’est pas dérangé.

L’abeille domestique est plus petite, plus fine, brun doré, moins velue que le bourdon. Elle vit en colonie dans des ruches entretenues par des apiculteurs. Elle ne pique que si elle se sent menacée.

La guêpe commune a un corps jaune vif et noir, lisse, avec une « taille de guêpe » bien marquée. Elle est attirée en fin d’été par les boissons sucrées et les fruits mûrs. On évite les gestes brusques et on vérifie son verre avant de boire.

Le frelon européen est la plus grande de nos guêpes sociales, brun-roux et jaune. Malgré sa taille impressionnante, il est en général peu agressif loin de son nid. Il ne faut pas le confondre avec le frelon asiatique, une espèce introduite à l’allure plus sombre, presque noire, aux pattes jaunes. Dans tous les cas, on ne s’approche jamais d’un nid de guêpes ou de frelons.

Abeille domestique
Abeille domestique

Araignées et cloportes

L’araignée croix, ou épeire diadème, est l’araignée la plus visible du jardin à la fin de l’été et en automne. Sa toile circulaire, tendue entre deux branches, est un chef-d’œuvre géométrique. Son abdomen rond porte des taches claires disposées en croix. Elle attend au centre de sa toile ou cachée dans un coin, reliée à la toile par un fil qui l’avertit des vibrations.

Le cloporte commun n’est pas un insecte : c’est un petit crustacé terrestre, cousin lointain des crabes. Il vit sous les pierres, les pots de fleurs et le bois mort, là où l’humidité le protège du dessèchement. Le cloporte commun peut se rouler en boule quand on le dérange. Il joue un rôle précieux en décomposant les feuilles mortes.

Escargots, limaces et fourmis

L’escargot petit-gris, à la coquille brune marbrée, sort surtout après la pluie et la nuit. Il broute les feuilles tendres et laisse derrière lui une traînée brillante de mucus. Observer de près ses deux paires de tentacules, les grands portant les yeux à leur extrémité, est toujours un moment fort pour les enfants.

La limace léopard est une grande limace grise ou beige, tachetée et rayée de noir. Contrairement à une idée reçue, elle n’est pas l’ennemie du potager : elle se nourrit surtout de champignons, de végétaux en décomposition, et peut même manger d’autres limaces.

La fourmi noire des jardins vit en colonies sous les dalles et les pierres. Certains jours chauds et lourds de l’été, les fourmis ailées, mâles et futures reines, s’envolent en grand nombre pour s’accoupler : c’est l’essaimage, un phénomène spectaculaire.

Chanteurs des prairies et chasseurs des mares

La sauterelle verte est un grand insecte vert vif, aux très longues antennes, qui chante en fin de journée et le soir en été, perchée dans les hautes herbes ou les buissons. Le grillon champêtre, noir et trapu, avec une grosse tête, chante devant l’entrée de son terrier dans les prairies ensoleillées au printemps et au début de l’été. Les deux sont plus faciles à entendre qu’à voir : approche-toi très lentement, ils se taisent au moindre bruit.

Si ton jardin a une mare, ou si tu te promènes près d’un étang, tu verras des libellules et des demoiselles. La libellule déprimée a un abdomen large et aplati, bleu poudré chez le mâle et brun-jaune chez la femelle. La demoiselle écarlate est fine et rouge vif. Au repos, la plupart des demoiselles replient leurs ailes le long du corps, alors que les libellules les gardent étalées.

Photographier les petites bêtes au téléphone

La photo de petites bêtes est idéale pour débuter : les sujets sont nombreux et proches. Quelques astuces font la différence. Le matin tôt, quand il fait encore frais, les insectes sont engourdis et bougent peu : c’est le meilleur moment pour photographier un papillon posé ou une libellule. Beaucoup de téléphones disposent d’un mode macro ou d’un objectif grand angle capable de faire la mise au point de très près. Sinon, recule un peu et recadre ensuite, plutôt que d’utiliser un zoom numérique trop fort.

Mets-toi à la hauteur de ton sujet, quitte à t’allonger dans l’herbe. Touche l’écran sur les yeux ou la tête pour la mise au point. Évite que ton ombre ne passe sur l’insecte, ce qui le fait souvent fuir. Approche-toi lentement, sans geste brusque.

Et surtout, respecte tes modèles. On n’attrape pas un papillon par les ailes, on ne détruit pas une toile, on remet les pierres en place, on ne garde pas les petites bêtes dans un bocal plus que quelques instants. Un jardin un peu sauvage, avec des fleurs variées, un tas de bois et un coin non tondu, attirera bien plus de modèles qu’un gazon impeccable.

Dans AnimalDex

Les petites bêtes du jardin sont des espèces communes du catalogue et un excellent moyen d’enrichir ta collection sans aller loin. Pour les espèces qui se ressemblent, comme les coccinelles ou les piérides, vérifie le critère de la fiche sur ta photo avant de valider.

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